Pérou, 2011


Démarche


Des visages, des profils surgissent d'une alchimie imprévisible des instants et de la mémoire conjugués. Je remarque parfois des liens étranges, voir énigmatiques, des liens qui souvent m’échappent, la mémoire se joue de moi. Se présente alors à mon esprit une procession d’intentions contradictoires où le geste, le trait, la trace, le papier, le tissu se font face et où je bats la campagne. Butiner ici ou là un des éléments, une petite chose de plus sur cette toile et sur une autre. Les toiles deviennent bruyantes, m'interpellent, s'impatientent puis elles se taisent.

 

L'importance des mains par exemple peut déclencher tout le reste, un regard donne souvent naissance à un deuxième regard.

J'ai l'impression de vouloir mettre en scène des personnages dont tout, à priori, sépare. J'assiste à une rencontre improbable. Je les entends, ils se parlent, se regardent, se touchent. Cette main tendue a finalement rencontré l'Autre, mais qu'en est-il de leur rencontre ?

SLR



“ Déboiser les rêves ”, “ Ecoute-moi ”, “La porte de soi ”, “ Gammes des soliloque ”, “les Papoteuses ”: les tableaux parlent le langage muet de l´être humain qui, au travers des temps et au-delà des géographies, a pour seul objectif d´être reconnu, de se voir refléter dans l´autre avec ses angoisses, ses peurs, ses peines et ses joies, être cet autre et se fondre en lui dans un miroir invisible qui, en les unissant, rend à chacun d´eux son identité.

Christiane Vidal